Hôtellerie azuréenne : la Côte d’Azur surperforme Paris en 2025 avec +6 % de chiffre d’affaires, la saison 2026 démarre sous tension

La Côte d'Azur surperforme Paris pour la deuxième année consécutive en 2025 avec une croissance de 6 % de son chiffre d'affaires hôtelier, selon le...

La Côte d’Azur surperforme Paris pour la deuxième année consécutive en 2025 avec une croissance de 6 % de son chiffre d’affaires hôtelier, selon le cabinet In Extenso. Alors que la saison estivale 2026 s’ouvre officiellement, la Riviera affronte cependant une année marquée par des tensions géopolitiques, des défis inflationnistes et une fragmentation croissante de son offre hôtelière, avec un luxe florissant face au déclin du segment économique.

La Côte d’Azur dépasse Paris pour la deuxième année consécutive

Les chiffres consolidés de 2025 publiés par le cabinet In Extenso confirment une trajectoire hôtelière exceptionnelle pour la Côte d’Azur. Avec une croissance de son chiffre d’affaires de +6 %, la région devance à nouveau la capitale française et s’affirme comme l’une des destinations hôtelières les plus dynamiques d’Europe. Cette performance intervient après un gain de +5 % en 2024, consolidant ainsi la tendance.

Cette surperformance repose sur deux moteurs : une hausse des prix moyens de +5 % et une croissance modérée mais régulière de la fréquentation avec +1 %, portant le taux d’occupation à 60 %. À titre comparatif, Paris affiche un taux d’occupation supérieur (82 %), mais sa dynamique tarifaire s’essouffle avec un léger tassement des prix moyens (−1 % à 239 euros) et une croissance du RevPAR limitée à +5 %.

Le contexte parisien post-Jeux olympiques de 2024 explique cette différence : la capitale digère une offre considérablement augmentée. Sur la Côte d’Azur, cette expansion existe aussi (+9 % de l’offre en trois ans à Nice notamment), mais elle s’accompagne d’une demande premium très soutenue et d’une capacité de la destination à maintenir ses prix.

Un secteur français à 22 milliards d’euros, mais profondément fragmenté

L’industrie hôtelière française entre en 2026 dans une nouvelle phase avec un chiffre d’affaires global de 22 milliards d’euros, un rebond confirmé des nuitées trimestre après trimestre et des investissements records dans le haut de gamme. Cette dynamique macroéconomique positif masque cependant une réalité fragmentée : le secteur du luxe prospère tandis que le segment économique s’effrite.

Cette bipolarisation met en lumière un risque structurel pour les territoires non métropolitains. Les capitaux se concentrent sur les destinations prestigieuses tandis que certains hôtels indépendants ou d’entrée de gamme ferment définitivement leurs portes chaque année. La Côte d’Azur n’échappe pas à ce mouvement, avec une concentration croissante des groupes hôteliers et des conversions d’établissements en résidences secondaires ou immeubles de bureaux.

Le luxe domine en PACA ; le milieu de gamme s’érode

Les palaces azuréens affichent une santé remarquable. Les établissements 5 étoiles et palaces de la Croisette (Carlton, Martinez, Majestic à Cannes), de la Promenade des Anglais (Negresco à Nice), d’Antibes (Hôtel du Cap-Eden-Roc) et des autres secteurs prestigieux enregistrent des taux d’occupation proches de 75 % à 80 % avec des tarifs en hausse continue. La clientèle internationale fortunée — américaine, moyen-orientale, asiatique et russo-européenne — continue de plébisciter la destination malgré les turbulences géopolitiques.

À l’inverse, le maillage du milieu de gamme se fragilise. Cet écrasement de l’offre crée un vide dangereux : les professionnels des secteurs médian et économique disparaissent, tandis que les investisseurs n’y voient plus de rentabilité. Cette dynamique pose la question de la durabilité du modèle touristique azuréen à long terme.

Une saison 2026 sous tension : festivals et géopolitique

La saison estivale 2026 bénéficie d’un calendrier de prestige. Le Festival de Cannes (12-23 mai) génère 200 millions d’euros de retombées globales, dont 70 millions pour Cannes seule. Le Monaco E-Prix (16-17 mai) et surtout le Grand Prix F1 de Monaco (4-7 juin) promettent un afflux record. Suivront le Jazz à Juan (juillet), le Nice Jazz Festival et les Nuits du Sud à Vence. Indirectement, la Coupe du Monde de football 2026 (États-Unis, Canada, Mexique) pourrait générer des retombées touristiques américaines vers la région.

Les premières indications portant sur juin-juillet 2026 montrent un taux de réservation déjà élevé. Les opérateurs comptent sur un effet d’entraînement post-Cannes : la couverture mondiale du Festival continue d’attirer une clientèle premium cherchant à découvrir les lieux où les stars se sont rendues.

Cependant, plusieurs défis pèsent sur les perspectives : l’inflation à 3,0 % en zone euro rogna le pouvoir d’achat européen, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient renchérissent le carburant aviation impactant Nice (2e aéroport français), une éventuelle hausse des taux BCE le 5 juin pourrait freiner la consommation, et les obligations environnementales obligent les hôteliers à investir massivement. Le coût de la masse salariale (sécurité sociale, SMIC) reste tendu.

Un hub méditerranéen du luxe confirmé

La Côte d’Azur consolide son statut de première destination touristique de France hors Paris. Avec ses 545 000 habitants (Métropole Nice Côte d’Azur), ses 1 480 km² et son aéroport international, la Riviera renforce année après année son positionnement comme hub méditerranéen du luxe. Cette polarisation sur le segment premium offre une stabilité à court terme, mais interroge la capacité de la région à accueillir un tourisme diversifié et résilient aux chocs économiques.