Croisiere a Marseille : 2,8 millions de passagers attendus en 2026, 750 escales et trois paquebots branches a quai en simultane – Hardelay et Muselier defendent le modele

Le port de Marseille consolide sa position de leader français de la croisière en 2026 avec des ambitions sans précédent : 2,8 millions de passagers attendus ...

Le port de Marseille consolide sa position de leader français de la croisière en 2026 avec des ambitions sans précédent : 2,8 millions de passagers attendus et 750 escales programmées. Porté par une stratégie d’électrification à quai inédite en Méditerranée, le premier port de croisière français entend transformer son modèle économique en devenant le seul terminal capable de brancher trois paquebots de plus de 250 mètres simultanément. Renaud Muselier, président de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisière, défendent ouvertement ce modèle face aux critiques écologistes, dans un contexte où la transition énergétique portuaire devient un enjeu majeur pour les économies régionales méditerranéennes.

Marseille, leader français incontesté avec 2,8 millions de passagers en 2026

Après une année 2025 marquée par 2,6 millions de passagers en progression de 8% par rapport à 2024, Marseille consolide son leadership national. Selon Jacques Hardelay, president de Marseille Provence Croisière, les prévisions pour 2026 restent optimistes : « Après une année 2025 à 2,6 millions de passagers, en progression de 8% par rapport à 2024, nous tablons sur une fréquentation de 2,8 millions de passagers en 2026, avec 750 escales. »

Cette croissance régulière positionne Marseille comme le deuxième port de croisière méditerranéen, loin devant Toulon et en phase de rattrapage avec Barcelone. Le terminal Marseille Provence Cruise Center, situé sur le Môle Léon Gourret à 7,5 kilomètres du Vieux-Port, concentre l’essentiel des opérations. Les compagnies presentes incluent MSC Croisières avec MSC World Europa et MSC Bellissima, Costa Croisières avec le Costa Toscana (paquebot alimenté au Gaz Naturel Liquéfié), ainsi que MSC Meraviglia, MSC Splendida, MSC Orchestra et MSC Seaview.

L’électrification à quai, atout stratégique unique en Méditerranée

Le principal levier de différenciation marseillaise repose sur l’électrification des navires à quai, domaine où le port provençal devient pionnier. Marseille dispose désormais de quatre prises disponibles et trois connexions possibles, avec une capacité inédite : brancher simultanément trois paquebots de plus de 250 mètres de long. Jacques Hardelay rappelle cet avantage compétitif décisif : « Marseille devient le seul port en Méditerranée à pouvoir électrifier trois paquebots de plus de 250 mètres de long en simultane. Le port de Toulon n’a qu’un seul poste électrique à quai, tandis que Barcelone, pourtant leader sur la croisière, n’en disposera qu’en 2027. »

Cette infrastructure couvre déjà 80% des usages portuaires actuels. Le plan « Escales Zéro Fumée », porté par la Région Sud, vise 80% des escales connectées dès 2026 et 90% à l’horizon 2030, y compris pour les porte-conteneurs et les navires en réparation. La transition énergétique progresse graduellement : 30% des bateaux en escale fonctionnent au Gaz Naturel Liquéfié (GNL), avec 3 000 à 4 000 m³ par navire, approvisionnement provenant principalement d’Algérie.

Augmenter les escales en tête de ligne pour maximiser l’impact économique régional

Au-delà des chiffres de fréquentation, Marseille affine sa stratégie commerciale pour renforcer les retombées économiques locales. Jacques Hardelay précise un objectif stratégique majeur : « L’objectif est d’attirer 50% d’escales en tête de ligne, contre 30% l’année dernière, ce qui renforce l’impact économique des croisières à Marseille, sur les partenaires hôteliers notamment. »

Les escales en tête de ligne signifient que Marseille devient point de départ ou d’arrivée des trajets de croisière, augmentant ainsi les dépenses touristiques sur le territoire : hôtellerie, restauration, transports aériens. Une nouvelle ligne aérienne New York-Marseille est en préparation pour 2027 dans l’objectif de drainer une clientèle américaine, particulièrement demandeuse de croisières méditerranéennes. Les itinéraires proposés couvrent la Méditerranée occidentale (Barcelone, Palma, Valence), orientale (Santorin, Mykonos, Istanbul) et les Canaries via l’Espagne, le Maroc et le Portugal.

Renaud Muselier défend le modèle face aux critiques écologistes

Renaud Muselier, président de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, a publiquement défendu sur LinkedIn le modèle économique de la croisière : « Pour 2026, près de 3 millions de croisieristes à Marseille : un objectif assumé ! Cessons d’opposer et d’interdire. Notre région, avec les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône, est tournée vers la mer et son économie. »

L’argument écologique reste central dans cette défense : la France bénéficie d’un avantage déterminant avec son électricité verte, majoritairement d’origine nucléaire, rendant l’électrification à quai « particulièrement vertueuse » comparée aux énergies fossiles traditionnelles.

Jacques Hardelay conclut sur une tonalité optimiste concernant les blocages réglementaires : « Tous les feux ne sont pas encore au vert, mais il n’y a plus de feux rouges ! Disons qu’il n’y a plus de blocages comme il y a quelques années. Le dialogue est ouvert. »

Vers 3 millions de passagers : un horizon à court terme

L’objectif de 3 millions de passagers annuels serait atteignable dès 2027, tandis que l’horizon 2035 pourrait voir l’introduction de propulsions à l’hydrogène pour la navigation elle-même. Malgré des défis opérationnels—mars 2026 a enregistré quatre annulations d’escales dues au mistral—le port maintient sa dynamique de croissance, confirmant son rôle stratégique pour l’économie maritime régionale.