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Un phénomène climatique d’une ampleur potentiellement historique se profile à l’horizon : la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) estime à 96,1 % la probabilité que 2026 figure parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Selon les bulletins publiés le 18 mai 2026 par plusieurs organismes météorologiques, un « super El Niño » devrait se développer à partir de l’été 2026, avec des anomalies de températures dépassant potentiellement 2°C au-dessus de la normale sur le Pacifique équatorial. Les conséquences planétaires attendues pourraient être sans précédent, tandis que la Côte d’Azur doit d’ores et déjà se préparer à des défis majeurs en matière de risques climatiques.
Un « super El Niño » confirmé par les modèles climatiques
Le Climate Prediction Center estime à 82 % la probabilité d’apparition d’El Niño entre mai et juillet 2026, et à 96 % sa persistance entre décembre 2026 et février 2027. Les prévisions actuelles pointent vers un phénomène d’une intensité remarquable : le modèle de l’Université d’Hawaï à Manoa, basé sur les mémoires climatiques océaniques (température de surface et hauteur), prévoit un El Niño supérieur à +2°C au-dessus de la normale sur le Pacifique équatorial oriental d’ici fin 2026.
Les précédents épisodes de cette ampleur demeurent gravés dans les annales climatiques : 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016 ont marqué des ruptures météorologiques majeures. L’indice NINO 3.4, indicateur clé du phénomène, était situé autour de -1°C fin 2025 (phase La Niña), et a remonté ces derniers mois pour atteindre +0,5°C en avril 2026. Selon les prévisions saisonnières de Météo-France et d’autres centres, il devrait poursuivre sa hausse, basculant en phase El Niño dès l’été 2026.
2026 : une année de records climatiques déjà visibles
Les premiers mois de 2026 offrent un avant-goût inquiétant de cette dynamique. Jusqu’à la mi-mai, environ 150 millions d’hectares ont déjà brûlé dans le monde sur les quatre premiers mois — soit le double de la moyenne 2015-2025. Aux États-Unis, près de 26 millions d’incendies ont été enregistrés jusqu’au 11 mai, un chiffre représentant le nombre le plus élevé à la mi-mai depuis au moins dix ans. Des incendies majeurs ravagent simultanément l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud.
L’organisation World Weather Attribution (WWA) tire la sonnette d’alarme : « Compte tenu de cette trajectoire de phénomènes météorologiques extrêmes alimentés par le changement climatique, combinée aux effets croissants de l’épisode El Niño en formation, nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent en matière d’incendies à l’échelle mondiale et de phénomènes météorologiques battant tous les records. »
Conséquences mondiales et dépassement du seuil de +1,5°C
Les retombées attendues d’un super El Niño suivent un schéma prévisible mais dévastateur. De décembre à février dans l’hémisphère Nord, un temps plus frais et humide prévaut au sud des États-Unis, tandis que l’Afrique australe et l’Asie du Sud-Est connaissent sécheresse et chaleur. L’été de l’hémisphère Nord verra s’intensifier les sécheresses en Inde (avec une mousson affaiblie), en Asie du Sud-Est et au nord de l’Australie.
Les risques de catastrophes s’en trouvent amplifiés : incendies massifs en Amazonie, en Indonésie et en Australie ; sécheresse agricole en Asie ; pluies torrentielles en Amérique latine ; ouragans plus intenses dans le Pacifique. Le contexte est aggravé par un record déjà atteint en 2024, année qui avait dépassé le seuil symbolique de +1,5°C de réchauffement depuis la période préindustrielle (1850-1900), tiré par l’épisode El Niño 2023-2024. Avec le nouveau super El Niño attendu, l’année 2027 pourrait probablement devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle planétaire, certaines projections faisant état d’une anomalie annuelle de +1,7°C par rapport à l’ère préindustrielle.
L’Organisation Météorologique Mondiale (WMO) met en garde : « Le climat de la Terre est plus déséquilibré qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire observée, les concentrations de gaz à effet de serre provoquant un réchauffement continu de l’atmosphère et des océans, ainsi que la fonte des glaces. » Le bilan humain du super El Niño 1997-1998 avait déjà été tragique : entre 21 000 et 24 000 personnes avaient perdu la vie à l’échelle de la planète selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
La Côte d’Azur en première ligne des défis 2026-2027
Si les effets directs d’El Niño sont généralement moins marqués en Europe que dans la zone Pacifique selon Météo-France, le contexte du réchauffement climatique de fond change la donne. La Côte d’Azur et la région Sud se préparent à une succession de défis : risques d’incendies majeurs sur le massif des Maures, l’Estérel et l’arrière-pays niçois ; stress hydrique potentiel sur les communes littorales en pleine saison touristique (rappels possibles des restrictions d’eau de 2022) ; recrudescence des canicules déjà documentée depuis 2015 sur Nice-Cannes-Antibes ; impact sur la viticulture provençale avec rendements diminuant ; pression accrue sur l’offre hôtelière (climatisation, événements touristiques potentiellement annulés).
Les acteurs économiques azuréens — CCI Nice Côte d’Azur, Côte d’Azur France Tourisme — intègrent depuis 2024 ces scénarios climatiques dans leurs plans 2026-2030, avec un focus particulier sur le tourisme quatre saisons et l’arrière-pays pour réduire la dépendance à la haute saison estivale. La décennie qui commence sera décisive pour adapter le modèle économique régional à une réalité climatique transformée.
