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**Depuis le 1er janvier 2026, le CBAM européen est pleinement opérationnel. Ce mécanisme mondial inédit impose désormais une taxe carbone sur certaines importations. Pour les entreprises de PACA, particulièrement dans la construction et le nautisme, l’heure est venue de comprendre leurs nouvelles obligations avant l’échéance cruciale de septembre 2027.**
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (CBAM) est entré dans sa phase définitive il y a six mois. Après une période transitoire de collecte de données, ce dispositif sans précédent à l’échelle mondiale impose désormais un prix carbone aux importations de produits à forte empreinte environnementale. Objectif affiché par Bruxelles : éviter les « fuites carbone » en s’assurant que les produits importés supportent un coût carbone équivalent à celui des productions européennes soumises au système ETS (marché carbone européen).
Les secteurs concernés sont clairement identifiés : acier, aluminium, ciment, engrais, hydrogène et électricité importés depuis des pays hors Union européenne. Lors du Conseil ECOFIN du 12 juin dernier à Luxembourg, les ministres des Finances européens ont même voté l’extension du mécanisme aux produits dérivés comme les vis et boulons en acier, élargissant encore le périmètre d’application. Cette décision confirme la volonté de Bruxelles de ne laisser aucune faille dans le dispositif.
Le Conseil a toutefois révélé des divergences entre États membres. L’article 27a, qui accorde à la Commission européenne un pouvoir de suspension du mécanisme dans certaines circonstances, a été contesté par une majorité de pays. Ces réticences traduisent les tensions inhérentes à un dispositif qui bouleverse les équilibres commerciaux établis et suscite des inquiétudes sur d’éventuelles représailles de partenaires commerciaux extra-européens.
**Des obligations concrètes dès février 2027**
Pour les importateurs, le calendrier est désormais serré. La première déclaration CBAM devra être déposée le 30 septembre 2027, couvrant l’ensemble des importations réalisées en 2026. Mais l’obligation d’achat de certificats CBAM débutera bien avant : dès le 1er février 2027, les entreprises devront acquérir rétroactivement ces certificats au prix correspondant à la moyenne trimestrielle du système ETS européen observée en 2026. Une complexité administrative qui nécessite une préparation immédiate.
En région PACA, l’impact se fera particulièrement sentir dans deux secteurs clés. D’abord, la construction, grande consommatrice d’acier et de ciment, dont une partie significative provient d’importations extra-européennes. Ensuite, et surtout, l’industrie maritime et le yachting de luxe de la Côte d’Azur, fortement dépendant de l’aluminium importé pour la construction de coques et superstructures. Les chantiers navals de la région, déjà confrontés à la concurrence internationale, devront intégrer ce nouveau coût dans leurs devis.
Fait révélateur : la filière nautisme azuréenne connaît en 2026 une accélération notable de la demande pour les yachts hybrides et électriques. Si cette tendance répond à une demande croissante d’une clientèle sensibilisée aux enjeux environnementaux, elle constitue également une réponse stratégique à la pression CBAM. Les matériaux alternatifs et les conceptions moins énergivores deviennent des arguments commerciaux face à l’alourdissement des coûts des importations conventionnelles.
**Agir maintenant pour anticiper**
Les experts conseillent aux entreprises importatrices d’identifier dès maintenant leurs fournisseurs situés hors Union européenne et de documenter précisément l’intensité carbone de leurs produits. Cette traçabilité sera indispensable pour calculer le montant exact des certificats CBAM à acquérir. Les chambres de commerce régionales et la CCI Nice Côte d’Azur proposent déjà des sessions d’information pour accompagner les entreprises dans cette transition. Un investissement en temps qui pourrait éviter de lourdes pénalités administratives et financières dans moins d’un an.