Croisieres : Marseille vise 2,9 millions de passagers en 2026, le branchement electrique a quai franchit une etape decisive avec 80% des escales connectees

Marseille accélère sa transition énergétique avec 80 % des escales connectées au branchement électrique à quai Le secteur de la croisière méditerranéenne fra...

Marseille accélère sa transition énergétique avec 80 % des escales connectées au branchement électrique à quai

Le secteur de la croisière méditerranéenne franchit un tournant décisif au printemps 2026. Marseille, devenue premier port de croisière méditerranéen depuis 2023, se projette vers 2,9 millions de passagers en 2026 avec une infrastructure majeure : 80 % des escales de navires sont désormais connectées au branchement électrique à quai. Cette avancée, inaugurée officiellement début mai, matérialise le plan « Escales Zéro Fumée » lancé par la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, symbole d’une réconciliation entre dynamique économique et enjeux environnementaux. Renaud Muselier, président de la Région Sud, et Jacques Hardelay, président de Cruise Marseille Provence, portent cette ambition : transformer le port phocéen en leader français de la croisière responsable.

Un objectif ambitieux : 2,9 millions de croisièristes en 2026

Marseille consolide sa position de capitale française de la croisière méditerranéenne. L’objectif de 2,9 millions de passagers en 2026 représente une croissance soutenue pour le port des Bouches-du-Rhône, qui a dépassé Barcelone en 2023 et capitalise sur plusieurs atouts : des quais modernisés, une proximité stratégique avec la Provence et l’aéroport Marseille-Provence, ainsi qu’une accessibilité remarquable aux sites touristiques de la région.

Le secteur de la croisière génère en France près de 7 milliards d’euros d’impact économique direct et indirect, selon les estimations de la filière, et soutient plus de 30 000 emplois. À Marseille, les retombées économiques irradient largement : commerces du Vieux-Port, restaurants, transferts vers Aix-en-Provence, Cassis, les Calanques, ou encore excursions vers le Pont du Gard et Avignon. La croissance prévue pour 2026 dépasse 8 % au plan national, portée par le retour des clientèles américaine et britannique et par un calendrier événementiel européen exceptionnellement chargé.

Le branchement électrique à quai : 95 % d’émissions réduites pendant les escales

L’inauguration du système de branchement électrique à quai des navires de croisière constitue la pierre angulaire du plan Escales Zéro Fumée. Le principe est simple mais révolutionnaire : permettre aux paquebots à quai de couper leurs moteurs auxiliaires alimentés au fioul lourd et de se brancher sur le réseau électrique terrestre. Le résultat : une réduction drastique des émissions de polluants – soufre, particules fines, oxydes d’azote – dans les zones résidentielles adjacentes au port.

Avec 80 % des escales connectées dès 2026, le dispositif neutralise environ 95 % des émissions atmosphériques pendant les périodes d’accostage. Pour Renaud Muselier, ce n’est pas une question idéologique mais pragmatique : « Notre région, avec les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône, est tournée vers la mer et son économie. Cessons d’opposer et d’interdire. Brancher les navires à quai, c’est du concret : moins d’émissions, moins de pollution, un bénéfice immédiat pour les riverains. »

Une stratégie régionale globale et différenciée

Le Conseil régional PACA a confirmé le 22 avril 2026 un investissement supplémentaire de 30 millions d’euros pour la modernisation des quais marseillais et la généralisation du branchement électrique à quai d’ici 2028. Cette volonté s’étend au-delà de Marseille : le port de Toulon-La Seyne et celui de Cannes-Mandelieu bénéficient également de financements régionaux pour déployer le dispositif sur leurs terminaux.

La Côte d’Azur, avec ses ports de Nice, Cannes et Villefranche-sur-Mer, a développé une stratégie de niche complémentaire : elle accueille un trafic de croisière premium sur des navires de plus petite taille, assumant une différenciation face au modèle de tourisme de masse marseillais. Cette approche diversifiée renforce l’écosystème touristique régional dans son ensemble.

Un progrès environnemental sous surveillance critique

Le branchement électrique à quai constitue une avancée réelle, mais le secteur reste confronté à des enjeux plus larges. L’opposition citoyenne aux nuisances de la croisière demeure forte, notamment dans les quartiers proches du Vieux-Port. Les questions non résolues incluent la gestion des déchets, la pression touristique sur les centres historiques saturés, et l’empreinte carbone globale des navires en navigation – le branchement électrique ne s’applique qu’aux escales et non aux trajets en mer.

Le déploiement du plan Escales Zéro Fumée à l’horizon 2028 sera donc un test grandeur nature de la capacité du secteur touristique régional à concilier croissance économique et responsabilité environnementale – un enjeu majeur pour la Région Sud et ses agglomérations littorales.