VivaTech 2026 : 15 startups azuréennes à l’assaut du marché mondial de l’IA

Jour 2 de VivaTech 2026 : la délégation des Alpes-Maritimes joue sa carte internationale face à 180 000 visiteurs et 1,5 Md€ de deals potentiels.

Paris, 18 juin 2026. Le deuxième jour de VivaTech s’ouvre sur un enjeu concret pour l’économie azuréenne : quinze startups des Alpes-Maritimes sont déployées à Paris Expo Porte de Versailles, sous bannière Région Sud, aux côtés de quarante autres entreprises régionales. Dans une édition anniversaire — la dixième — qui rassemble 180 000 visiteurs, 15 000 startups et 4 000 exposants issus de 171 pays, la visibilité internationale du territoire se joue en partie ici, sur quelques centaines de mètres carrés de stands.

Team Nice Côte d’Azur coordonne la présence azuréenne avec Hervé Laubertie, directeur général, et Jean-François Chapperon, Senior Manager FDI. « VivaTech reste le rendez-vous incontournable pour connecter nos pépites locales aux décideurs internationaux et aux grandes corporates en recherche active de solutions », déclare Hervé Laubertie. La délégation cible explicitement le deal flow : l’événement génère historiquement plus de 1,5 milliard d’euros de partenariats et d’investissements annoncés par édition.

Le spectre des startups AM06 sélectionnées couvre les segments les plus recherchés du moment. Earthwake, implantée à Nice, convertit les déchets plastiques en énergie par pyrolyse et incarne la convergence entre climatetech et économie circulaire. OVI propose une solution d’eau filtrée connectée, tandis qu’AsterFox, basée à Villefranche-sur-Mer, positionne l’intelligence artificielle au service de la sommellerie. Sur le segment deeptech et IA embarquée, Azur IA, Durance AI et Pearcode représentent la densité technologique héritée de l’écosystème Sophia Antipolis. Optivalue.ai adresse l’automatisation des données, SwanTrad cible la legaltech, Skribi investit la healthtech, et Archipad joue la carte de la smart city. Active Asset Allocation, Alivenow, ArtinLeap, Manta Technologies et Fulcana complètent une délégation délibérément diversifiée.

Sophia Antipolis, avec ses 2 300 entreprises, 40 000 emplois et 75 nationalités représentées, constitue l’arrière-plan structurel de cette offensive commerciale. Le Hub de l’Innovation Métropolitain de Nice, qui accompagne 180 entreprises avec un taux de survie à trois ans de 85 %, fournit quant à lui le vivier de jeunes sociétés prêtes à l’internationalisation. La présence à VivaTech s’inscrit dans cette logique d’accélération : transformer la robustesse de l’écosystème local en attractivité mesurable pour les investisseurs étrangers.

En toile de fond de cette journée, Jensen Huang, PDG de Nvidia, livre à Paris sa GTC européenne et dresse le bilan des engagements pris un an plus tôt : plus de vingt AI factories déployées sur le continent. « L’Europe construit aujourd’hui l’infrastructure qui lui permettra de ne pas dépendre d’une IA conçue ailleurs », a-t-il déclaré depuis la scène principale. Mistral AI accompagne ce mouvement en dévoilant Mistral 3, une famille multilingue et multimodale optimisée pour les plateformes Nvidia, du supercomputer jusqu’à l’edge computing. La startup française a sécurisé 830 millions de dollars pour financer son datacenter Nvidia de Bruyères-le-Châtel, dont la mise en service est prévue d’ici la fin de l’année. Ces annonces résonnent directement pour les startups azuréennes spécialisées en IA embarquée, qui voient s’ouvrir une infrastructure souveraine européenne sur laquelle construire leurs solutions.

L’autre séquence structurante de cette journée se tient à 11h20 sur le Black Stage. La session « Europe’s Cloud Conundrum » réunit Merete Hverven de Visma, Francesca Bria pour EuroStack et Stephan Hadinger d’AWS France autour d’un constat chiffré : les géants américains contrôlent 70 % de l’infrastructure cloud européenne. Le débat intervient le jour même du vote formel du Parlement européen sur l’AI Act Omnibus, à quarante-cinq jours de l’échéance réglementaire du 2 août 2026. Pour les dirigeants azuréens qui intègrent des briques cloud dans leurs produits, la question de la souveraineté numérique cesse d’être théorique et devient un paramètre de compétitivité immédiate.

Yann LeCun, fondateur d’AMI Labs — structure qui a levé 1,03 milliard de dollars en mars 2026 après son départ de Meta — présente pour sa part les « world models » comme la trajectoire crédible vers une intelligence artificielle générale. Une perspective qui alimente les stratégies de positionnement des acteurs deeptech de la délégation azuréenne, lesquels cherchent précisément à articuler leurs développements sur les prochaines ruptures technologiques plutôt que sur les cycles courts du marché.

Deux jours restent avant la clôture de VivaTech 2026. Pour les quinze startups des Alpes-Maritimes, chaque rendez-vous noué dans les allées de la Porte de Versailles peut se traduire, dans les mois suivants, en contrat signé, en investisseur convaincu ou en partenariat industriel capable de changer l’échelle d’une entreprise.